Environnement

Depuis 2012, les PPAQ encouragent des pratiques plus respectueuses de l’environnement auprès des producteurs et des productrices acéricoles du Québec et participent de manière active à la compréhension des divers enjeux de développement durable, notamment par différentes recherches universitaires. À travers ces initiatives, les PPAQ démontrent que l’industrie acéricole fait sa part dans la lutte aux changements climatiques suivant une stratégie cohérente avec celle du gouvernement québécois.

En 2012, en collaboration avec le Groupe AGÉCO, un premier bilan environnemental du sirop d’érable a été réalisé. Ces études ont permis d’identifier les effets de la production acéricole sur l’environnement tels que les impacts sur les changements climatiques. Ce bilan est d’ailleurs mis à jour depuis 2015 afin de bien cerner les améliorations mises en œuvre au fil du temps. Actuellement, les PPAQ participent à la mise à jour de la compréhension du stockage carbone dans les forêts.

 

Les PPAQ ont opté pour l’analyse du cycle de vie (ACV), une méthode scientifiquement reconnue et largement utilisée à l’échelle internationale. Cette approche mesure les impacts de l’ensemble des étapes du cycle de vie du sirop d’érable, de la récolte à son emballage, et est basée sur les normes ISO 14040-14044.

 

Ce sont les activités d’évaporation (transformation) qui ont l’impact environnemental le plus important dans le cycle de vie de la production du sirop d’érable.

La modernisation des installations acéricoles, notamment la transition des évaporateurs d’eau d’érable vers des équipements à plus faible empreinte carbone, figure donc parmi les activités les plus porteuses pour réduire l’empreinte écologique de la production. À l’échelle de l’industrie, l’évaporation à l’huile et au bois sont les plus grandes sources d’émission de gaz à effet de serre (GES).

Il est important pour les producteurs et productrices acéricoles de bien comprendre l’impact environnemental de leurs activités sur plusieurs enjeux, particulièrement les changements climatiques. Le calcul de l’empreinte carbone sur tout le cycle de vie fait partie de l’approche préconisée par les PPAQ pour y arriver.

Toute activité humaine génère des émissions de gaz à effet de serre (GES), c’est-à-dire des gaz qui absorbent et qui réémettent une partie des rayons solaires (rayonnement infrarouge), phénomènes à l’origine de l’effet de serre.

Les producteurs et les productrices qui souhaitent réduire leur impact environnemental peuvent adopter des technologies qui émettent moins de GES, par exemple en remplaçant leur évaporateur au mazout par un évaporateur aux granules ou électrique.

Les PPAQ mettent à jour annuellement le bilan de leurs GES, aussi appelé empreinte ou bilan carbone, afin de comparer son évolution dans le temps. Ils ont ainsi pu suivre le bilan carbone des producteurs et des productrices depuis plusieurs années et constater les améliorations de l’industrie afin de permettre l’atteinte de leurs objectifs.

L’empreinte carbone du sirop d’érable s’est améliorée au fil des ans grâce à :

  • une plus grande utilisation de sources d’énergie plus propres (moins émettrices de GES);
  • une croissance de l’utilisation de l’osmose inversée, un système de purification de l’eau d’érable qui permet d’augmenter la concentration de Brix avant l’ébullition.

En mai 2018, les PPAQ se sont engagés à atteindre une cible de réduction de GES pour l’horizon 2030 pour contribuer à la lutte aux changements climatiques. Cette cible a permis aux PPAQ de conserver leur position de leader, en termes de bilan et de démarche environnementale, et de démontrer leur contribution à la lutte aux changements climatiques selon une stratégie cohérente avec celle des gouvernements québécois et fédéral. Selon les scénarios envisagés, la cible des PPAQ était de réduire de 29 % l’intensité de ses émissions d’ici 2030.

En 2022, les PPAQ se sont fixés une nouvelle cible fondée sur la science, qui vise une réduction des émissions de GES de 42 % sur 10 ans pour l’horizon 2030, par rapport à 2020.

 

Démarches entreprises par les PPAQ sur les efforts à mettre en place pour la réduction des GES

Les PPAQ ont sondé l’ensemble de l’industrie afin d’établir un diagnostic et élaborer un scénario.

Carboneutralité

Un bilan « carboneutre » peut être atteint en réalisant des activités de carboneutralité qui consiste en la compensation des GES générés par un produit ou service qui n’ont pas pu être évités par des initiatives de réduction de GES.

Pour qu’un sirop d’érable soit considéré « carboneutre » au Québec, le producteur doit calculer son empreinte carbone, définir l’objectif de réduction annuelle à atteindre et sélectionner des stratégies pour y parvenir, comme par exemple adopter un évaporateur qui émet moins de GES. Par définition, la neutralité carbone signifie que chaque tonne de CO2 provenant d’une activité humaine est compensée par une quantité équivalente de CO2 éliminée. Toute initiative visant à démontrer la carboneutralité des produits de l’érable doit passer par une procédure de certification telle que :

  • Sirop d’érable carboneutre d’ECOCERT pour les entreprises certifiées biologique
    ou
  • Les normes internationales reconnues (ex. : PAS 2060, Greenhouse Gas Protocol, 1SO 14064-1).

Crédit carbone et marché carbone

Un crédit de carbone est un permis ou un certificat correspondant au droit d’émettre une tonne de GES. Ce crédit peut être échangé sur le marché du carbone. Plusieurs marchés de carbone ont été mis en place pour échanger ces crédits d’émissions GES, dont un au Québec (SPEDE). Seule la gestion sylvicole pourrait présenter un potentiel de séquestration de carbone dans les forêts d’érablières (étude en collaboration avec Groupe AGÉCO en 2014).

 Le stockage du carbone dans les forêts d’érables

La quantité de carbone absorbée et stockée dans les forêts acéricoles du Québec est équivalente à la quantité d’émissions de :

  • 440 millions de litres d’essence consommés/an
    ou
  • 220 000 véhicules/an

Les forêts d’érables du Québec sont une source importante de stockage du carbone, contribuant à réduire les changements climatiques mondiaux.

Les érablières du Québec stockent 744 000 tonnes métriques de carbone par an, soit 11 fois plus de carbone que le processus de production du sirop d’érable.

À titre comparatif, les forêts d’érables en exploitation ont permis de séquestrer l’équivalent de 0,9 % des GES émis au Québec en 2019. Ce qui représente l’équivalent du carbone rejeté par près de 220 000 voitures qui roulent sur nos routes par année ou 4 % du parc automobile québécois. Si l’on prend en considération tous les érables du Québec exploités et non exploités, le carbone stocké a un potentiel de séquestration de 4,8 % de l’ensemble des GES émis au Québec, c’est-à-dire le carbone rejeté par près de 1 200 000 voitures par année ou 22 % du parc automobile québécois.

Bienfaits des érablières sur l’écosystème

De la régulation du climat à la fourniture de précieux produits forestiers, les érablières du Québec offrent des avantages sur l’écosystème souvent méconnus.

Pas moins de 12 services écologiques rendus par les érablières du Québec ont été identifiés et regroupés en trois catégories :

  • Les services de régulation
  • Les services d’approvisionnement
  • Les services culturels

Les services de régulation

Ces services concernent la capacité des écosystèmes à se maintenir dans des conditions propices à la vie humaine, au niveau local (ex.: contrôle de l’érosion ou la pollinisation) ou au niveau global (ex.: régulation du climat) :

Sept biens et services écologiques fournis par les érablières du Québec font partie de cette catégorie :

  • Régulation du climat
    Service de séquestration et stockage du carbone afin de réduire la quantité de carbone dans l’atmosphère et les changements climatiques qui en découlent. Les résultats montrent que la régulation du climat contribue à plus de la moitié de la valeur totale des services écologiques des érablières.
  • Qualité de l’air
    Service de filtration des polluants de l’air.
  • Contrôle de l’érosion
    Service de préservation de la structure des sols en réduisant leur lessivage.
  • Contrôle biologique
    Service de contrôle des maladies et des insectes nuisibles.
  • Pollinisation
    Service de pollinisation qui assure la reproduction des plantes et végétaux par les insectes et autres animaux.
  • Qualité de l’eau
    Service de filtration des polluants présents dans l’eau.
  • Approvisionnement en eau
    Service de contrôle des crues dans l’optique d’assurer un approvisionnement régulier en eau des communautés.

Les services d’approvisionnement

Il s’agit de services directs fournis aux humains. Pour une érablière, ils consistent en la production de l’eau d’érable (incluant le sirop d’érable et ses dérivés qui en découlent), la production de bois et de fibres ainsi que la production de produits forestiers non ligneux, tels les biens alimentaires (ex.: champignons, baies, plantes comestibles).

Sous cette catégorie, on retrouve deux biens et services écologiques :

  • Eau d’érable
    • Production des produits de l’érable (ex.: eau d’érable et autres dérivés commerciaux).
  • Produits forestiers autres que l’eau d’érable
    • Production des produits de l’érablière tels le bois d’œuvre, le bois de chauffage et la fibre;
    • Production des produits cultivés et récoltés autres que le sirop d’érable, tels les biens alimentaires (ex.: champignons, baies, plantes comestibles).

Les services culturels

Ces services intangibles, qui ont néanmoins un rôle important dans la culture québécoise, regroupent les activités récréatives (loisir et tourisme associés aux écosystèmes), les valeurs esthétiques et les valeurs culturelles (valeurs liées à l’éducation, au patrimoine et à la culture).

 

Ce sont donc 3 biens et services écologiques qui sont mis en valeur dans cette catégorie :

  • Activités récréatives et agrotourisme
    Activités récréatives et touristiques se déroulant dans les érablières.
  • Valeurs esthétiques
    Valeurs liées à l’appréciation de la beauté de l’actif naturel et du paysage qu’offrent les érablières.
  • Valeurs culturelles
    Valeurs liées à l’éducation, au patrimoine, à la culture associés aux érablières.

Protéger la biodiversité par la préservation des habitats

Les forêts d’érables du Québec abritent une variété d’espèces d’animaux et de plantes diversifiées, soutenant une riche biodiversité pour les années à venir. Malgré cette richesse naturelle, plusieurs espèces se retrouvent menacées ou vulnérables, dont une partie se situent dans les forêts et la partie couverte par les érablières. On compte 964 000 hectares de ces terres qui sont protégés par les érablières au Québec.

Au total, il existe 20 espèces fauniques désignées comme menacées, 18 espèces fauniques désignées comme vulnérables et 115 espèces fauniques susceptibles d’être désignées comme menacées ou vulnérables. Parmi elles, les 17 espèces de la faune menacées, vulnérables et susceptibles d’être désignées comme menacées ou vulnérables peuvent potentiellement se trouver dans les forêts d’érables. Les 40 espèces végétales menacées, vulnérables et susceptibles d’être désignées comme telles peuvent potentiellement se trouver dans les érablières québécoises.

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