Stratégie nationale de production de bois LES PRODUCTEURS ET PRODUCTRICES ACÉRICOLES DU QUÉBEC OUTRÉS PAR L’ANNONCE DU MINISTRE PIERRE DUFOUR

17 décembre 2020

Longueuil, le 18 décembre 2020 – C’est avec stupéfaction que les Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ) ont pris connaissance des éléments de la Stratégie nationale de production de bois, présentée le 16 décembre dernier par le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), M. Pierre Dufour. Cette stratégie, qui se targue de vouloir relancer l’économie en doublant la récolte forestière d’ici 2080, ne tient pas compte d’une économie propre au Québec, réellement durable, soit celle de l’économie du sirop d’érable.

Veut-on encore de l’acériculture au Québec ?
La question se pose, car comme le souligne l’Ordre des ingénieurs forestiers qui s’est exprimé aussi par voie de communiqué, « il semble que le MFFP désire accentuer le virage valeur en mettant l’emphase sur les analyses de rentabilité des opérations forestières ». Mais qu’en est-il du capital forestier et du développement acéricole québécois ? Sommes-nous en train de dilapider davantage nos érablières, richesses naturelles, pour fournir en bois de qualité les usines de sciage qui manquent  visiblement d’approvisionnement ? Le sentiment des PPAQ est à l’effet que, malheureusement, ceci ne semble être qu’une stratégie à très court terme qui hypothèque dangereusement le futur de nos forêts feuillues et comporte ainsi de nombreux impacts néfastes.

Aucun mot sur l’acériculture dans la stratégie du MFFP
Le fait est que la stratégie du MFFP ne semble même pas considérer nos forêts feuillues. Avec la nouvelle stratégie, l’érable et son sirop ne sont pas du tout pris en compte, encore moins considérés à leur juste potentiel. Ni le mot « acéricole » ou « jardinage » n’est présent dans la stratégie du MFFP. Concrètement, l’approche sylvicole actuellement observée sur le terrain semble mettre définitivement de côté les coupes de jardinage acérico-forestier et mise sur des approches de coupes nommées à « diamètre financier » où l’on coupe arbitrairement les plus gros arbres au détriment d’une conservation du capital forestier sur le long terme. L’approche sylvicole n’est pas orientée vers la production d’arbres de haute qualité. Un érable doit croître 40 ans avant qu’on puisse l’entailler pour récolter sa sève et en faire du sirop d’érable !

Le Québec doit refuser cette approche !
Cette approche de coupe ne semble pas du tout compatible avec un objectif de production soutenue pour les érablières. Le MFFP devra le démontrer. Selon les PPAQ, elle s’apparente davantage à une coupe d’écrémage qu’à un traitement sylvicole. Il n’y a pas d’efforts pour conserver le potentiel acéricole, ni pour régénérer les arbres à maturité. En outre, l’approche envisagée n’est pas orientée vers la création d’un peuplement résiduel pour assurer un rendement soutenu et produire des arbres de haute qualité. « Le Québec doit refuser cette approche qui menace notamment un fleuron de l’industrie québécoise qui existe depuis plus de 100 ans : l’acériculture. En ce qui a trait au potentiel futur, la moitié des entailles non actuellement exploitées se retrouve en terres publiques. Il faut protéger cette richesse pour conserver notre leadership mondial de l’érable. Si on ne le fait pas, ce sont nos voisins qui vont développer », martèle M. Serge Beaulieu, président des PPAQ.

Le MFFP doit maintenant démontrer comment la Stratégie de production de bois pourra assurer le développement acéricole du Québec en cohabitation avec la production de bois de qualité.

Le Québec, premier producteur de sirop d’érable
Le Québec produit 72 % du sirop d’érable mondial et compte bien se développer à vitesse grand V dans les prochaines années. Depuis 20 ans, 11 millions d’entailles ont été ajoutées sur le territoire pour approvisionner les marchés mondiaux de l’érable, ce qui porte à 48 millions le nombre d’entailles total au Québec dont 18 % en terres publiques. Plus de 85 % de la production est exportée, ce qui rapporte énormément à l’économie du Québec. Le sirop d’érable au Québec, c’est 12 000 emplois et trois quarts de milliards sur le produit intérieur brut (PIB) canadien.

 

À propos des Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ) et de la marque Érable du Québec
Les Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ) ont pour mission d’assurer la promotion des intérêts des acériculteurs et acéricultrices du Québec et de développer le plein potentiel de production et de ventes des produits d’érable du Québec, tout en respectant les règles de développement durable. Ils représentent 11 300 producteurs et productrices et 7 400 entreprises acéricoles dont la qualité du travail permet au Québec d’assurer en moyenne, et annuellement, 72 % de la production mondiale de sirop d’érable. Les PPAQ sont fiers de valoriser la marque Érable du Québec en plus de coordonner les efforts de mise en marché et de promotion des produits d’érable du Canada à l’international au nom de l’industrie canadienne de l’érable. Les PPAQ orientent et animent également le Réseau international de recherches et d’innovation sur l’érable.

ppaq.ca@AcericoleQc

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Source
Simon Trépanier, ing.f., directeur général
Producteurs et productrices acéricoles du Québec

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Hélène Normandin
Directrice, Communications corporatives
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